Préambule : Retrouver un regard chrétien sur le monde créé

Il est des domaines où le discernement chrétien s’est éteint presque sans bruit, comme un feu que l’on n’a pas nourri. La cosmologie en est un. Ce mot, que l’on relègue volontiers aux traités de sciences naturelles ou aux débats d’astronomie, désigne pourtant une question fondatrice : quel est le monde dans lequel nous vivons, et quelle place y occupe l’homme ? Or, il est impossible de répondre à cette question sans engager une vision du monde, un acte de foi, une orientation profonde de l’âme.

Loin d’être neutre, la cosmologie moderne a imposé un récit particulier, né d’une révolution intellectuelle où la Parole de Dieu fut délibérément écartée. Elle présente l’homme comme une poussière dans l’univers, produit d’une chaîne d’accidents, et la terre comme un astre quelconque, perdu dans un désert cosmique. Ce récit, enseigné dès l’enfance, s’est imposé comme une évidence, non par la preuve, mais par la répétition, la moquerie des anciens, et la censure silencieuse du témoignage biblique.

Il est temps pour l’Église de rouvrir ce dossier. Non pour imposer des modèles scientifiques dépassés, ni pour céder aux excès de certains contre-discours, mais pour retrouver une intelligence chrétienne du cosmos. Le monde a été créé par Dieu, pour sa gloire, selon un ordre, un rythme, une structure. L’homme y a été placé comme roi et prêtre. Ignorer cette réalité, c’est livrer notre pensée à des puissances qui ne reconnaissent ni centre, ni sommet, ni sanctuaire.

Le discernement cosmologique chrétien consiste donc à reconnaître que le cosmos est un lieu théologique. Ce que nous croyons du monde visible rejaillit sur notre foi invisible. Si le ciel n’est plus le trône de Dieu, la terre ne sera plus son marchepied. Et si l’homme n’est plus au centre d’un dessein, il deviendra l’esclave d’un désir sans but.

Cette série propose de réhabiliter une vision biblique du monde créé. Elle ne prétend pas établir une science alternative, mais aider le croyant à former son regard, à penser selon l’ordre révélé, et à discerner ce que cachent les récits dominants. Car ce que nous voyons commence par ce que nous croyons. Et là où l’on cesse de croire ce que Dieu dit du monde, on finit par ne plus voir ce que Dieu veut y manifester.