Silence des sentinelles : Réflexion sur l’absence de voix évangéliques durant la crise

I. Une crise globale, mais un aveuglement sélectif

La crise du Covid-19 n’a pas seulement exposé des fragilités sanitaires : elle a révélé la capacité des puissances de ce monde à manipuler la peur, à homogénéiser les récits, à suspendre des libertés fondamentales, à rediriger les consciences vers un salut technologique, médical et politique — en d’autres termes, à créer un faux culte, avec ses rites (gestes-barrières), ses prêtres (scientifiques médiatisés), ses hérétiques (non-vaccinés), et ses promesses de rédemption (le retour à la « vie d’avant »).

Dans ce contexte, on aurait pu s’attendre à ce que les Églises évangéliques, habituées à prêcher la seigneurie du Christ et la méfiance envers le monde, prennent position avec clarté. Mais elles se sont souvent alignées, non seulement par prudence, mais par conformisme, voire par une espèce de légalisme sanitaire.


II. Pourquoi ce silence ? Plusieurs causes profondes

1. Un évangélisme individualiste et déconnecté du réel

L’évangélisme français, fortement influencé par le piétisme et la quête du salut personnel, s’est peu structuré autour d’une vision du monde. Il parle du cœur, du péché, de la conversion, mais il peine à nommer les puissances spirituelles dans l’histoire, à discerner les enjeux politiques, culturels ou structurels. Il manque souvent d’une vision cosmologique chrétienne, et reste prisonnier d’une lecture décontextualisée de la Bible, coupée des réalités incarnées.

Ainsi, quand un bouleversement historique se présente, il ne sait pas lire les signes des temps (Matthieu 16:3), et se contente d’obéir à César tant que l’on peut « continuer les cultes en ligne ».

2. La crainte d’être perçus comme extrémistes ou complotistes

Le monde évangélique français, longtemps marginalisé, cherche souvent la respectabilité. Il craint les amalgames, les critiques médiatiques, les accusations d’obscurantisme. Dès lors, il sacrifie la vérité à la prudence, préférant le silence à la stigmatisation. Beaucoup de pasteurs ont redouté d’être associés aux « antivax », aux « complotistes », aux « extrêmes », et ont choisi l’auto-censure plutôt que le courage prophétique.

3. Un déficit de formation intellectuelle et théologique

Il faut le dire avec lucidité : beaucoup de responsables évangéliques n’ont pas les outils pour analyser des dynamiques idéologiques complexes. Ils ne connaissent pas l’histoire de la biopolitique, les logiques du contrôle social, la place des grandes institutions supranationales. Ils n’ont pas été formés à penser les structures du mal, ni à voir comment l’antichrist ne vient pas toujours sous une forme satanique explicite, mais parfois comme un ange de lumière, promettant la sécurité et la santé au prix de la liberté.


III. Des voix extérieures qui ont fait preuve d’un vrai courage

Il est frappant de constater que des catholiques, des agnostiques, des médecins, des juristes, des penseurs non croyants ont, parfois avec plus de clairvoyance que les pasteurs, dénoncé la falsification du réel, l’extorsion du consentement, la tyrannie douce des élites technocratiques.

  • Pierre Hillard, en contextualisant la crise dans une dynamique d’ingénierie spirituelle.
  • Fabrice Di Vizio, avocat passionné, en défendant la justice contre l’arbitraire.
  • Louis Fouché, en dénonçant la logique de peur et la technocratie déshumanisante.
  • François Asselineau, Florian Philippot, Alexandra Henrion-Caude, et tant d’autres, ont parlé avec courage là où beaucoup de pasteurs se sont tus.

Ce paradoxe rappelle un schéma biblique ancien : Dieu suscite parfois des voix extérieures au peuple visible de Dieu pour rappeler la vérité. Comme Balaam, comme Cyrus, comme les mages venus d’Orient, Dieu fait parler des non-croyants lorsque ses propres serviteurs se taisent.


IV. Que faire aujourd’hui ? Vers un réveil du discernement

Ce constat ne doit pas conduire à l’amertume, mais à une réforme intérieure. Le peuple évangélique, s’il veut être à la hauteur des temps, doit :

  • Se former : à la pensée chrétienne, à l’histoire du monde, aux enjeux philosophiques et politiques.
  • Se réveiller : en réalisant que le mal agit par structures, lois, récits, et pas seulement dans les cœurs.
  • Se positionner : avec douceur mais avec fermeté, en rappelant que Jésus-Christ est Seigneur, même face à un État devenu idolâtre.
  • Se repentir : du silence, de la peur, de la tiédeur. Comme Élie l’a fait en revenant à l’écoute de Dieu dans le silence du Horeb.

Conclusion

La crise du Covid-19 fut un test. Beaucoup ont échoué. Mais le Seigneur est fidèle, et il appelle encore son peuple à se lever, non dans la haine ni dans la violence, mais dans la clarté et la fidélité. Il veut susciter une génération capable de voir au-delà des discours officiels, de discerner les puissances invisibles, et de confesser la seigneurie du Christ dans tous les domaines de la vie.

« Le Seigneur Dieu m’a donné une langue exercée, pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu. » (Ésaïe 50:4)