Il est dans la nature de l’homme, lorsqu’il détourne son regard de Dieu, de chercher des horizons fictifs pour combler le vide laissé par l’absence de l’Absolu. Ainsi, les idées modernes, souvent portées par des récits de science-fiction, exaltent le concept de multivers, où une infinité d’univers coexisteraient, chaque décision humaine engendrant une bifurcation dans l’histoire et créant une réalité parallèle. Mais à la lumière des Écritures et sous le regard scrutateur de la théologie réformée, une telle conception, bien qu’attirante pour l’esprit, ne peut qu’être rejetée, car elle ébranle les fondements mêmes de la foi chrétienne.
Le Symbole des Apôtres, héritage précieux de l’Église universelle, proclame : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. » Dans cette confession se trouve la reconnaissance d’un acte créateur unique, parfait et souverain, accompli par le Dieu vivant, qui appelle toute chose à l’existence par sa parole. Le livre de la Genèse commence par ces mots majestueux : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. » (Genèse 1:1). Ce n’est pas un chaos infini que Dieu a engendré, mais un cosmos ordonné, un univers dans lequel toutes choses concourent à l’accomplissement de ses desseins éternels.
Le multivers, cependant, introduit une vision fondamentalement différente : celle d’une création fragmentée, éclatée en d’innombrables versions alternatives, où le hasard, et non Dieu, régnerait. Une telle idée est une offense à la majesté divine. Si une multitude d’univers coexistaient, chacun avec ses lois et ses réalités, quel serait alors le rôle du Créateur ? Un spectateur impuissant face à l’infini chaos ? Non, la foi chrétienne rejette cette absurdité. « Le Seigneur a tout fait pour un but, » dit le livre des Proverbes (16:4). Dans sa sagesse infinie, Dieu dirige l’unique histoire de l’univers vers une fin glorieuse : la manifestation de sa gloire et la rédemption de son peuple.
L’idée du multivers célèbre le hasard comme maître suprême. Elle suppose que chaque choix, chaque événement engendre une nouvelle réalité, multipliant les mondes à l’infini. Mais ce hasard souverain, si cher à l’imagination humaine, n’est qu’un faux dieu, une idole moderne. La Bible enseigne avec clarté que rien, pas même le plus petit détail de notre vie, n’échappe à la Providence divine. « Les pas de l’homme sont dirigés par l’Éternel ; comment l’homme comprendrait-il sa voie ? » (Proverbes 20:24).
Le chrétien, nourri par les vérités des Écritures, sait que tout, depuis la chute d’un moineau jusqu’à l’élévation des nations, est sous le contrôle absolu de Dieu. Loin d’être une succession de hasards, l’histoire est une marche triomphante vers l’accomplissement des décrets divins, ordonnés avant la fondation du monde (Éphésiens 1:11). Concevoir une multitude d’univers où chaque possibilité serait actualisée, c’est nier la souveraineté absolue de Dieu et substituer à sa sagesse un hasard aveugle et capricieux.
Le concept de multivers introduit également une confusion profonde sur l’unicité de l’histoire rédemptrice. La foi chrétienne proclame que Dieu, dans son amour infini, a envoyé son Fils unique, Jésus-Christ, pour accomplir un salut parfait et définitif. Ce salut s’inscrit dans une histoire linéaire, où chaque événement est dirigé par la main de Dieu vers un but précis.
L’apôtre Paul écrit : « Il y a un seul Dieu et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme. » (1 Timothée 2:5). L’œuvre de Christ sur la croix est un événement unique dans l’histoire de l’univers, un acte irréversible qui a racheté les élus de Dieu. Que devient cette œuvre dans l’hypothèse d’un multivers ? Faut-il imaginer une multitude de sacrifices du Fils de Dieu, répétés dans chaque univers ? Une telle pensée est un blasphème contre l’unicité et la suffisance de l’Évangile. « Christ a été offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup. » (Hébreux 9:28). En lui, tout est accompli (Jean 19:30), et aucun univers parallèle ne saurait ajouter ou retrancher à cette œuvre parfaite.
Contrairement à l’idée moderne d’un éclatement infini des réalités, la vision biblique de l’histoire est celle d’un mouvement unique, dirigé vers une fin glorieuse. L’Écriture annonce un nouveau ciel et une nouvelle terre, où la gloire de Dieu sera pleinement révélée (Apocalypse 21:1). L’histoire du monde n’est pas un labyrinthe sans issue, mais une route droite, tracée par le Créateur, conduisant à l’accomplissement de son dessein éternel.
Le multivers, en revanche, propose une vision où chaque chemin bifurque à l’infini, où aucune direction ultime ne prévaut. C’est une philosophie de la dispersion et de l’incertitude, une négation de l’espérance chrétienne. Mais le chrétien sait que son avenir est assuré : « Je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et une espérance. » (Jérémie 29:11).
L’idée de multivers, bien qu’elle semble élargir les horizons de l’imagination humaine, n’est en réalité qu’une tentative de fuir la souveraineté de Dieu. Elle reflète l’orgueil de l’homme qui, refusant de se soumettre à son Créateur, cherche à multiplier les réalités pour échapper à celle qui lui est donnée. Mais il n’y a qu’un seul univers, qu’un seul Seigneur, et qu’un seul salut. La création entière témoigne de la gloire de Dieu : « Toutes choses ont été créées par lui et pour lui. » (Colossiens 1:16).
Le chrétien, éclairé par les vérités éternelles de la Parole, rejette le chaos infini des multivers et s’attache à l’ordre parfait de l’univers gouverné par Dieu. Il marche avec assurance, sachant que son histoire personnelle, comme celle du monde, est entre les mains du Maître de l’histoire. Et lorsque le dernier jour viendra, tout genou fléchira et toute langue confessera que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. Amen.
