« Examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon. »
(1 Thessaloniciens 5:21)
Il fut un temps — et ce temps n’est pas achevé — où l’Église fut honorée d’avoir reçu la Vérité, et se savait responsable d’en être la gardienne dans le monde. Elle savait que cette Vérité ne relevait pas seulement du sanctuaire du cœur, mais qu’elle concernait le monde entier, les hommes, les peuples, les lois, les structures, les cultures. Elle savait qu’elle était là pour éclairer, et non pour survivre. Pour prophétiser, et non pour s’accommoder. Pour bâtir, et non pour suivre.
Mais en ces temps derniers, ce témoignage a vacillé. Le monde est devenu complexe, rapide, séduisant, confus. L’Église, trop souvent, a regardé ailleurs. Soit elle s’est retirée dans une piété désincarnée, laissant la culture aux puissances ; soit elle s’est adaptée sans résistance, au nom de la pertinence ; soit elle a dénoncé sans bâtir, ou bâti sans voir. Dans tous les cas, elle a peiné à discerner.
Ce traité naît d’un cri intérieur, d’une insatisfaction douloureuse mais féconde : celle de voir la lumière vaciller non parce qu’elle est devenue faible, mais parce qu’on l’a cachée sous un boisseau. Il veut être un appel. Un appel à revenir à la Parole comme clef d’intelligence du monde. Un appel à l’Église pour qu’elle retrouve une pensée chrétienne vivante, une parole claire, une posture ferme, une présence incarnée.
Car l’heure est venue. Le brouillard s’épaissit. Les repères s’effondrent. Les mots changent de sens. Le mal s’organise avec calme et légitimité. Et le peuple de Dieu ne peut plus avancer à l’instinct, au sentiment, à la simple ferveur. Il lui faut le discernement. Non pas une culture du soupçon, mais une sagesse éclairée. Une intelligence sanctifiée. Une vigilance habitée par l’Esprit.
Ce discernement, nous l’avons vu, ne vient ni de la culture humaine, ni de la seule observation : il vient de la Parole, de l’Esprit, du Christ vivant. Il s’enracine dans la révélation, s’exerce dans la prière, se fortifie dans la communion fraternelle, s’éprouve dans l’histoire, se manifeste dans le témoignage.
Ce discernement est à la fois spirituel, intellectuel et pratique. Il voit le mal, mais ne s’y arrête pas. Il démasque les puissances, mais ne les craint pas. Il confronte, mais il bâtit. Il parle, mais il agit. Il se tient entre le monde qui chancelle et le Royaume qui vient, comme une sentinelle éveillée.
L’avenir appartient non aux plus forts, ni aux plus rapides, ni aux plus bruyants — mais à ceux qui auront vu, cru, et marché selon la lumière. Ce sont eux que Dieu appelle à se lever. Ce sont eux qui, par leur fidélité, ouvriront des chemins là où tout semblait clos. Ce sont eux qui, par leur témoignage, prépareront la venue du Roi.
« Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à la multitude comme les étoiles, à toujours et à perpétuité. »
(Daniel 12:3)
