La Sainte Écriture, dans ses premiers chapitres, nous offre une lumière précieuse sur la manière dont le nom de l’Éternel fut révélé et transmis depuis l’aube de l’humanité. Les versets de Genèse 4.26, 5.29 et 9.26 témoignent de cette glorieuse continuité, de cette divine providence qui, à travers les générations déchues, n’a cessé de maintenir une lueur de connaissance de l’Éternel, le Dieu de toute grâce.
Ainsi, en Genèse 4.26, nous voyons qu’« à Seth naquit un fils, et il l’appela du nom d’Enosh. C’est alors que l’on commença à invoquer le nom de l’Éternel ». Ce passage, l’un des plus anciens de l’histoire humaine, nous révèle que dès les premiers jours de notre humanité déchue, la présence de Dieu ne fut pas effacée de la mémoire des hommes. En dépit du péché et de la corruption qui s’étaient répandus depuis la chute, certains cœurs fidèles, tels ceux des descendants de Seth, se tournèrent vers l’Éternel, invoquant son nom avec foi et espérance. Cette invocation n’était pas le surgissement d’une divinité nouvelle, mais la recherche du seul vrai Dieu, connu des premiers hommes et transmis avec ferveur à travers les générations.
La continuité de cette divine transmission est confirmée en Genèse 5.29, où Lémec, père de Noé, prononçant le nom de l’Éternel, affirme que son fils serait celui qui « nous consolera de nos travaux et de la peine de nos mains, provenant de cette terre que l’Éternel a maudite ». Ainsi, le nom sacré de l’Éternel était préservé même à travers les douleurs et les malédictions qui pesaient sur l’humanité. La lignée des fidèles continuait d’attendre avec espérance, invoquant l’Éternel comme l’auteur de tout bien et comme Celui qui, un jour, apporterait le soulagement.
En Genèse 9.26, Noé bénit son fils Sem en ces termes : « Béni soit l’Éternel, le Dieu de Sem ». Ici, nous observons que, même après le déluge, lorsque la terre fut renouvelée, Noé, héritier de la grâce et de la fidélité divine, reconnaît l’Éternel comme le Dieu de sa descendance, marquant Sem d’une bénédiction particulière. Cela nous montre que, malgré la dégénérescence de nombreuses lignées humaines, la lignée de Sem se voyait confier une mission particulière : garder la flamme vivante de la connaissance de l’Éternel.
Lorsque donc l’Éternel appelle Abram en Genèse 12, nous ne sommes pas en présence d’une divinité nouvelle, surgissant brusquement au sein des ténèbres polythéistes de son époque. Non, chers lecteurs, il s’agit là du même Dieu qui fut invoqué par Seth, qui bénit Noé et qui se fit le gardien de la lignée de Sem. Abram, appelé par ce Dieu, est l’héritier d’une foi antique, préservée dans la lignée fidèle de ses ancêtres. Abram ne découvrait pas un Dieu nouveau, mais plutôt un Dieu qui se révélait à lui de manière plus personnelle, renouvelant en sa faveur la promesse éternelle de bénédiction.
De même, lorsque Moïse se tient devant le buisson ardent en Exode 3, l’Éternel se révèle à lui comme « le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ». Ces paroles portent en elles la continuité d’une relation et d’une alliance initiée des siècles auparavant. Moïse, descendant d’Abraham, de la lignée bénie de Sem, n’était pas confronté à une divinité inconnue. Il se trouvait devant Celui qui s’était déjà manifesté aux patriarches, Celui dont le nom, « Je suis celui qui suis », proclamait son éternité et sa fidélité immuable. Moïse ne découvrait pas une divinité nouvelle, mais voyait se déployer sous ses yeux la majesté de Celui qui, depuis les premiers jours de l’humanité, avait tracé son plan de rédemption.
Ainsi, à la lumière de ces textes, il apparaît évident que l’Éternel n’était ni une divinité nouvelle pour Abram ni pour Moïse. L’Éternel était le même Dieu qui avait été invoqué dès les premiers temps, celui qui avait béni la lignée fidèle et qui, de génération en génération, se préparait à accomplir son dessein de rédemption pour l’humanité. Dans l’appel d’Abram comme dans celui de Moïse, nous discernons la main providentielle du Dieu des patriarches, fidèle à son alliance, et qui, à chaque étape de l’histoire, renouvelle sa promesse de grâce à ceux qui marchent avec Lui dans la foi et l’obéissance.
