« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. » – Genèse 1.1
Les premières paroles de la Sainte Écriture s’élèvent comme un prélude sublime, une mélodie divine ouvrant l’histoire de la Révélation. Ces mots, tirés du livre de la Loi de Moïse, appelé aussi Livre de l’Alliance, tracent les premières lignes du dessein éternel de Dieu : l’Alliance de l’Éternel avec son peuple. En ces paroles, la création trouve son origine, mais aussi son but ultime : être le théâtre où s’accomplit l’intimité de Dieu avec ses enfants. Ici, cieux et terre, jaillissant ensemble des mains du Créateur, annoncent une harmonie profonde : l’unité entre le ciel et la terre, une image sacrée de l’Alliance divine.
Un commencement d’éternité
Le premier mot, « berè’schit », souvent traduit par « au commencement », ne désigne pas seulement une origine temporelle. Il évoque aussi une réalité éternelle : celui qui est lui-même le Commencement. Jésus-Christ, le Fils éternel, le Logos divin, en qui « toutes choses ont été faites » (Jean 1.3), est ce Commencement. Le début du récit biblique pourrait ainsi être lu : « Par Celui qui est le Commencement, Dieu créa les cieux et la terre. » Ces paroles nous transportent devant le mystère du Fils, Alpha de la création, par qui et pour qui tout existe (Colossiens 1.16).
Il est celui qui révèle le Dieu invisible, le Fils unique dans le sein du Père, le médiateur de toute connaissance divine : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14.9). Ce n’est donc pas un hasard si ces premiers mots placent « le Commencement » avant même la mention de Dieu : en Jésus-Christ, le Dieu invisible se dévoile à nous, ouvrant un chemin vers l’Alliance.
Les cieux et la terre : une unité sacrée
En ces premiers instants, cieux et terre sont mentionnés ensemble. Cette union des deux évoque une harmonie que seule la main de Dieu pouvait façonner : la création entière, visible et invisible, unie sous l’autorité du Créateur. Mais cette unité n’est pas une fin en soi. Elle préfigure l’Alliance que Dieu établira avec son peuple, où ciel et terre se rejoindront dans une communion profonde. L’Apôtre Paul proclame : « Il a voulu réconcilier par lui toutes choses, tant celles qui sont sur la terre que celles qui sont dans les cieux » (Colossiens 1.20). Ainsi, dès le commencement, la création témoigne d’une aspiration divine : unir ce qui est séparé par le péché et manifester la gloire de Dieu à travers l’Alliance.
L’œuvre bénie d’un Dieu bienheureux
Dieu est le Béni, le Bienheureux, la source de toute vie et de toute lumière. Il est significatif que la première lettre hébraïque de l’Écriture, « Beth », soit celle du mot « Béni ». La création elle-même jaillit de cette bénédiction divine : elle est l’expression d’un amour surabondant et d’une joie parfaite. Dieu n’a pas créé parce qu’il en avait besoin, mais parce qu’il voulait manifester sa gloire et son bonheur éternel. Chaque élément de la création porte l’empreinte de cette bénédiction initiale ; malgré la chute, cette bénédiction persiste, et elle est restaurée en Christ, le nouvel Adam.
Alpha et Oméga : l’accomplissement du dessein divin
Le Commencement n’est pas seulement l’origine ; il est aussi la fin. Il est l’Alpha et l’Oméga, celui qui conduit toutes choses à leur plein accomplissement. Si le monde jaillit des mains de l’Alpha, il est destiné à être remis entre celles de l’Oméga. Cette réalité proclame que l’histoire de la création n’est pas un cycle infini ni une absurdité sans but : elle est un voyage vers la gloire de Dieu. Le dessein divin, manifesté dans la création, brisé par le péché, est restauré par la croix et trouvera son apogée dans les cieux nouveaux et la terre nouvelle.
Ainsi, en plaçant Christ au centre, nous comprenons que la création est le prélude d’une œuvre plus grande encore : la rédemption. Et cette rédemption n’est pas simplement un retour à l’état originel ; elle est une élévation, une glorification de la création en Christ.
Conclusion : Une Alliance éternelle
En confessant avec le Symbole des Apôtres : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre », nous affirmons non seulement la grandeur de son pouvoir, mais aussi la profondeur de son amour. La création, tout entière ordonnée à l’Alliance, est un témoignage de sa fidélité. Chaque étoile dans les cieux, chaque grain de sable sur la terre, murmure l’amour d’un Dieu qui, par son Fils, a tout créé, tout racheté, et tout réconcilié.
Cieux et terre, unis dans leur origine, proclament que le monde appartient à Dieu. Et nous, enfants de l’Alliance, nous levons les yeux vers Celui qui est le Commencement et la Fin, l’Amen divin. Que toute gloire lui soit rendue, à lui qui est, qui était et qui vient, pour les siècles des siècles. Amen.
