Dieu, dans son infinie sagesse et par son dessein éternel, a choisi de se révéler à l’humanité non par une manifestation soudaine et spectaculaire, mais par le canal humble et mystérieux de l’histoire d’un peuple, celui d’Israël. Ce peuple, élu parmi les nations, fut le dépositaire d’un message sacré, un écho de la voix divine qui parlait à travers les siècles, à travers les prophètes, les rois et les patriarches. Il en était le réceptacle privilégié, le témoin et le serviteur de la volonté de Celui qui est, qui était et qui vient. L’histoire du peuple d’Israël, dans ses luttes et ses triomphes, dans ses révoltes et ses fidélités, devint le théâtre de la révélation divine, l’arène où s’exerçait la pédagogie du Très-Haut envers son peuple bien-aimé.
Cette révélation divine, d’abord diffuse, éparse dans des événements, des oracles et des visions, se cristallisa progressivement en une forme plus tangible, plus accessible, qui put être transmise de génération en génération. Elle prit la forme d’écrits, et ces écrits, soigneusement préservés, forment ce que nous appelons aujourd’hui la Sainte Bible. La Bible, en vérité, n’est point simplement un livre parmi d’autres ; elle est une fresque sacrée où la main de Dieu se fait perceptible à ceux qui ont des yeux pour voir et des cœurs pour comprendre. Chaque page, chaque ligne, chaque parole porte l’empreinte du divin, comme une trace laissée par le souffle de l’Éternel.
Cependant, cette révélation achevée, cette compilation des saintes Écritures, trouva son point culminant, sa plénitude prophétique, à un moment tragique de l’histoire du peuple qui l’avait reçue. Aux alentours de l’an 70 après Jésus-Christ, la chute de Jérusalem, avec la destruction du Temple, marque une rupture décisive dans les relations entre Dieu et l’Israël national. Ce peuple, jadis porteur d’une mission sacrée, vit se clore une ère particulière de son histoire. Les privilèges, autrefois accordés à une nation spécifique, s’étendaient désormais à un Israël nouveau, un Israël spirituel, rassemblé au nom de Jésus-Christ, le Messie promis.
Ce nouvel Israël, formé de tous ceux qui confessent Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur, n’est plus limité par les frontières ethniques et nationales ; il est élargi aux nations, conformément à la promesse faite à Abraham que sa descendance bénirait toutes les familles de la terre. Cet Israël spirituel, l’Église du Christ, devient alors le nouveau dépositaire des Écritures. Il préserve, transmet et diffuse la Bible non plus à une seule nation, mais aux quatre coins du monde, à toute langue, tout peuple, toute tribu. Ainsi, la Parole de Dieu, née dans les vallées d’Israël, résonne désormais dans tous les continents, transmise de cœur en cœur, portée par ceux qui, en tout lieu, se lèvent au nom du Christ pour proclamer la vérité éternelle de son Royaume.
L’Église de Jésus-Christ, cet Israël spirituel, n’ajoute rien à cette révélation, car tout a été dit dans la Bible, et toute vérité nécessaire au salut de l’humanité y est contenue. Le rôle de l’Église, alors, n’est point d’innover ou de compléter, mais de préserver fidèlement cette révélation divine, de la transmettre et de la diffuser parmi les nations, fidèle à l’esprit de sa mission sacrée.
Dans cette mission, l’Église ne s’appuie pas uniquement sur l’héritage scripturaire laissé par Israël. L’Église, fondée sur la révélation biblique et éclairée par le Saint-Esprit, développe sa foi et sa théologie. C’est par cette action du Saint-Esprit, qui conduit à la compréhension toujours plus profonde des Écritures, que l’Église forme ses doctrines, affine sa théologie, et structure son culte. Mais il faut bien comprendre que cette démarche n’est pas une nouvelle révélation ; c’est un acte de pénétration et de discernement des vérités déjà données, un approfondissement de ce qui a été pleinement révélé en Jésus-Christ. La théologie de l’Église, tout en évoluant au fil des âges, reste ancrée dans l’autorité suprême des Écritures, lesquelles, complètes et suffisantes, contiennent toutes les vérités nécessaires à la foi chrétienne.
Ainsi, la mission de l’Église consiste à perpétuer cette vérité reçue, à la protéger contre les déformations et à en témoigner avec fidélité. Cette transmission est indissociable de la communion avec l’Esprit, qui guide et éclaire l’Église dans son interprétation des Écritures. Elle n’est jamais un acte isolé de l’intelligence humaine, mais toujours un mouvement inspiré et sanctifié par la présence vivante de Dieu en son sein.
L’histoire d’Israël se poursuit dans l’Église, non comme une rupture, mais comme un accomplissement ; car l’histoire de Dieu avec l’humanité n’est point une suite d’événements désordonnés, mais une œuvre harmonieuse où chaque étape trouve sa place dans l’économie divine. L’Écriture, à la fois ancien et nouveau testament, demeure ce pont entre l’antique Israël et l’Israël de l’Esprit, qui, ensemble, concourent au plan éternel de Dieu pour le salut des nations.
