A tous ceux qui aiment la vérité de Dieu, comprise dans les livres de l’ancienne et de la nouvelle alliance

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Grâce soit et paix de la part de Dieu notre Père et de notre Seigneur Jésus-Christ

La Bible, un livre si excellent et pourtant si méprisé

L’excellence d’une chose et les avantages qui en découlent ont toujours été les plus puissants motifs pour conduire les hommes à désirer et à rechercher sa connaissance, afin d’en jouir pleinement. Or, si ces deux qualités brillent avec éclat dans quelque ouvrage, elles se retrouvent, au plus haut degré, dans la Sainte Bible, ce livre divin, incomparable, qui surpasse tout ce que l’esprit humain a jamais conçu ou pourra concevoir. N’est-il donc pas étrange, et même indigne de l’homme, formé à l’image de Dieu, que l’on fasse si peu de cas de ce trésor céleste ? Que, dans notre indifférence coupable, nous négligions de sonder ses profondeurs, de méditer sur ses richesses infinies, et de recueillir les fruits abondants qu’il ne nous offre pas seulement, mais qu’il nous présente avec une main pleine de grâce et de gratuité ? Quel reproche pour notre génération, que de préférer les vanités passagères des écrits humains à la sagesse éternelle et vivifiante de ce livre divinement inspiré !

Les causes du mépris de la Bible

Les causes d’un mépris si inexcusable à l’égard des Saintes Écritures sont nombreuses et variées, et elles témoignent de la profondeur de la déchéance humaine. Les uns, avides de se livrer aux spéculations de ce que l’apôtre Paul appelle la « faussement dite sagesse humaine », préfèrent remplir leur esprit de vaines théories et de raisonnements trompeurs. Plus ils s’y plongent, plus ils s’enlisent dans ce marais de vanité, s’y souillant davantage au lieu d’y trouver la vérité. Ceux-là ne deviennent ni sages, ni docteurs de la lumière, mais seulement des disputeurs perpétuels, errant dans un doute incessant.

D’autres, bien que dévoués à des sciences utiles et dignes d’éloge, en oublient cependant l’essentiel. Ils se consacrent tant à ces disciplines, qu’ils négligent celle qui seule peut éclairer leur destinée éternelle. Pourtant, la connaissance des Saintes Écritures, loin d’opposer ces sciences humaines à la vérité divine, enseigne leur juste usage, en fixant leurs limites dans le cadre de notre séjour terrestre.

D’autres encore passent leur vie dans une oisiveté stérile, incapables de comprendre pourquoi ils ont été placés en ce monde par le Créateur. Ils sortent de la scène de la vie comme ils y étaient entrés, ignorants et inutiles, ne sachant rien de la mission qui leur avait été confiée. Mais il en est de pires encore, qui, dans une dépravation plus profonde, consacrent leurs jours à toute sorte d’impuretés et de méchancetés. Ces derniers se montrent indignes de porter même le nom d’homme, tant leur conduite les ravale en-dessous de leur dignité originelle.

Toutes ces fautes ont été dénoncées depuis longtemps par la voix du Seigneur, qui s’est fait entendre à travers les écrits de Salomon, notamment dans ses Proverbes et son Ecclésiaste. Mais hélas ! ces réprimandes divines, pour la plupart, tombent dans des cœurs endurcis, comme des semences jetées sur un sol stérile.

Enfin, il faut mentionner un autre groupe, plus subtil dans sa corruption, mais tout aussi dangereux. Ce sont ceux qui s’approchent des Saintes Écritures, mais avec des dispositions mauvaises et des intentions perverses. Ils s’y aventurent mal préparés et dans des buts contraires à la vérité. Aussi leurs yeux, au lieu d’être éclairés par la lumière qui brille dans la Parole de Dieu, s’en trouvent aveuglés. Et leurs cœurs, au lieu d’être adoucis et transformés par la grâce, s’endurcissent et s’égarent davantage. Ainsi, ce trésor de sagesse, qui pourrait être pour eux une source de vie, devient, par leur faute, un témoignage de condamnation.

Persévérer dans le chemin étroit de la fidélité au Seigneur

Or, si l’on considère le nombre de ceux qui suivent véritablement le Seigneur, même parmi ceux qui portent le nom de chrétiens, il se révèle infiniment petit en comparaison des multitudes qui s’égarent. Mais que ce contraste ne trouble point les âmes fidèles, ni ne leur fasse perdre courage ! N’avons-nous pas été avertis par le grand Pasteur que la voie large, si aisément empruntée par les foules, mène à la perdition, tandis que le chemin étroit, souvent rude et solitaire, conduit à la vie ? Il est hors de doute qu’un seul sage, éclairé par la lumière divine, a plus de valeur que tous les insensés du monde réunis. Et l’expérience universelle, dans toutes les choses de la vie, ne nous montre-t-elle pas que les sages sont toujours en bien petit nombre, tandis que les malavisés foisonnent ?

Ceux donc qui, par la grâce de Dieu, ont été conduits sur ce chemin de vérité et de vie, doivent persévérer avec confiance, quels que soient les obstacles ou les aspérités qu’ils rencontrent. Qu’ils ne se laissent point détourner, ni par les séductions trompeuses à droite, ni par les terreurs et les désolations à gauche, dans ce grand désert qu’est le monde. Car ceux qui s’écartent du sentier tracé par Dieu ne trouvent point la paix, mais des périls encore plus grands. Là, ils tombent sous les coups de voleurs et de brigands spirituels, ou bien, dans leur folie, se détruisent eux-mêmes, devenant les artisans de leur propre ruine.

Ainsi, loin de craindre la petitesse de ce « petit troupeau », les enfants de Dieu doivent y voir un témoignage de la vérité éternelle. Leur Seigneur les a appelés à une route différente de celle des masses, non pour les abandonner, mais pour les préserver dans une marche qui mène au royaume céleste. Et si ce chemin est parsemé de difficultés, qu’ils se rappellent que c’est aussi celui qu’a emprunté leur Maître, et qu’en suivant ses traces, ils marchent non seulement vers la gloire, mais dans la gloire même.

Tendre la main à ceux qui s’égarent

Mais ce n’est pas encore assez de demeurer fermes sur ce chemin étroit que le Seigneur nous a tracé. À l’exemple de notre Maître, il nous incombe aussi de tendre la main à ceux qui s’égarent, et d’user de tous les moyens légitimes pour attirer d’autres âmes dans cette voie de vie. La charité chrétienne, qui découle du commandement divin, nous presse d’agir ainsi. N’est-ce pas là l’esprit de l’exhortation de l’apôtre Jude, lorsqu’il nous invite à sauver ceux qui vacillent, en les retirant comme des brandons arrachés du feu ?

Il ne suffit pas que nous avancions seuls, indifférents aux périls des autres. L’amour de Christ, qui a tout donné pour racheter les hommes, doit nous animer à rechercher les égarés, à les appeler, à les avertir, et, si nécessaire, à les reprendre avec douceur mais fermeté. Car combien est grande la misère de ceux qui s’éloignent du chemin ! Comme des brebis sans berger, ils errent dans les ténèbres, exposés aux embûches de l’ennemi, jusqu’à ce qu’ils tombent dans la destruction.

Qu’il nous soit donc donné, par la puissance de l’Esprit de Dieu, de devenir des instruments de salut pour ces âmes. Que notre vie, par sa fidélité et son témoignage, soit une lumière qui guide les égarés. Et si certains résistent encore, souvenons-nous que c’est par une grâce patiente que nous-mêmes avons été ramenés dans le droit chemin. Ayons à leur égard cette même patience, mais aussi ce zèle ardent, qui ne laisse point les âmes périr sans combat. Car sauver un seul pécheur de l’égarement de ses voies, c’est faire œuvre de gloire pour Dieu et ajouter un joyau à la couronne du Christ.

Inciter les gens à lire la Bible

C’est ce motif qui nous a poussés à entreprendre ce travail, que nous présentons aujourd’hui à l’Église de notre Seigneur, non comme une chose nouvelle — car, en matière de religion, toute nouveauté est à rejeter, Jésus-Christ ayant, de sa bouche, par ses Apôtres et ses Évangélistes, pleinement achevé l’œuvre de sa Maison, commencée par ses Prophètes — mais comme un humble effort pour faire connaître davantage à tous le Livre que l’on peut et doit tenir en la plus haute estime. Ce Livre, le plus ancien et le plus authentique de tous, brille au travers des âges comme un témoignage impérissable de la sagesse et de la grâce divines. Depuis des siècles, et en dépit des révolutions et des ruines qui ont ébranlé l’univers, il nous a été miraculeusement conservé, intact, dans ses langues originelles, l’hébreu et le grec, mais aussi dans les principales langues étrangères comme le chaldéen, le syriaque, l’éthiopien, l’arabe et le latin. Cet héritage, si souvent attaqué par les forces conjuguées de Satan et des hommes, a traversé les siècles comme un roc inébranlable, défendu par la main invisible de Celui qui veille sur sa Parole.

Si nous adressons principalement ce travail à ceux qui, par la grâce de Dieu, connaissent déjà la valeur inestimable de ce trésor, ce n’est pas pour leur apprendre ce qu’ils savent, mais pour les encourager à le tenir toujours plus précieusement. En même temps, nous souhaitons éveiller l’appétit pour cette nourriture incorruptible chez ceux qui n’en ont pas encore goûté, ou qui, en y ayant goûté, n’en ont pas pleinement perçu la saveur, loin d’en avoir fait leur véritable nourriture.

Afin de remplir cet objectif, nous proposons de méditer sur quatre points essentiels : d’abord, sur Celui qui parle dans ce Livre, car c’est la voix du Très-Haut qui s’y fait entendre ; ensuite, sur ceux à qui cette Parole est adressée, les hommes de toute condition et de tous âges ; troisièmement, sur le contenu même de ce Livre, source inépuisable de vérité et de vie ; et enfin, sur le but vers lequel tout cela tend, à savoir la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Puisse ce travail, humble et imparfait qu’il est, contribuer à l’exaltation de cette Parole vivante et éternelle, qui seule peut éclairer l’esprit, réchauffer le cœur et guider l’homme sur le chemin de la vie éternelle.

Par la Bible Dieu s’adresse en grâce à l’homme

Celui qui parle ici, c’est l’Éternel, le Dieu vivant, Père, Fils et Saint-Esprit, le Dieu tout-puissant qui a fait les cieux et la terre, qui soutient toutes choses par sa parole et les dirige selon sa volonté souveraine. Il n’est pas seulement digne d’être écouté, mais aussi d’être adoré avec une révérence profonde et un amour fervent. Malheur donc à celui qui ferme ses oreilles à cette voix divine ! Plus grand encore est le malheur de celui qui, l’ayant entendue, néglige de la méditer, et plus grand encore celui de celui qui, la méditant, ne la préfère pas à toutes choses et ne règle pas sa vie sur ses saintes exigences.

Ce grand Dieu éternel, qui parle avec une majesté infinie et une grâce incompréhensible, s’adresse aux hommes, à tous les hommes, sans distinction de nation, de condition, de sexe ou d’âge. À ces hommes, pourtant, que trouve-t-il en eux ? Des créatures marquées par la corruption, nées dans l’iniquité et défigurées par le péché. Leur entendement est aveuglé, incapable de saisir la vérité première ; leurs pensées sont perverties, leurs paroles futiles et vaines, leurs actions empreintes de malice. Ils avalent l’iniquité comme le poisson avale l’eau, se plongeant avec une complaisance désastreuse dans tout ce que Dieu réprouve.

En un mot, ces hommes, qui devraient refléter la gloire de leur Créateur, sont devenus si méconnaissables, si profondément altérés par le péché, qu’ils semblent indignes de porter encore le nom d’ouvrage de Dieu. La mort les attend, non seulement dans leur corps, mais aussi dans leur âme, car leur rébellion les a assujettis à la mort première et à la seconde, la séparation éternelle de Celui qu’ils ont méprisé.

Et pourtant, c’est à ces hommes que Dieu parle ! Quelle grâce insondable, quel amour incompréhensible ! Le Dieu saint et juste, qui aurait pu les condamner sans appel, leur adresse sa parole, leur tend sa main, et leur offre la vie par le moyen de son Fils bien-aimé. Que celui qui entend cette voix sacrée ne l’endurcisse pas, mais qu’il s’humilie, qu’il se repente, et qu’il vive !

Le contenu de la Bible : La Loi, qui révèle la misère de l’homme, et l’Évangile, qui donne le salut et la vie éternelle

Ce dont le Seigneur parle ici, et ce à quoi se rapporte tout le contenu de sa Parole, peut être résumé en deux grands objectifs : d’une part, la révélation de l’origine et des causes de la misère de l’homme, avec tous les effets désastreux qui en découlent ; et d’autre part, l’annonce du seul remède qui puisse sauver cette humanité déchue.

Le Seigneur expose la source de notre malheur par cette partie de sa Parole que l’on appelle la Loi. Par elle, il met en lumière nos fautes et nous révèle la condamnation juste et inexorable qui repose sur nous. Cette Loi, miroir de notre péché, a été donnée pour démasquer les folles prétentions de l’homme à se croire juste en lui-même, cette maladie funeste qui est la racine de tous les maux. Les sacrifices sanglants, l’holocauste des bêtes, les rites et cérémonies ordonnés par Dieu à son peuple n’étaient que des figures visibles de cette terrible réalité, illustrant devant les yeux des Pères leur indignité et la nécessité d’une expiation parfaite, comme l’atteste l’Apôtre en écrivant aux Colossiens.

Mais cette Loi, qui condamne, n’a pas été donnée pour être une fin en soi. Elle prépare le chemin pour l’Évangile, cette « très bonne nouvelle » annoncée dès les temps anciens par Moïse et les Prophètes, puis accomplie en plénitude par le Fils de Dieu, venu en chair. « Manifesté en chair, justifié en Esprit, vu des anges, prêché aux nations, cru dans le monde, élevé en gloire » : tel est celui en qui le salut de l’homme repose.

C’est par cette Parole de l’Évangile que nous est révélé le seul remède à notre misère, non seulement pour échapper à la condamnation légitime qui pèse sur nous, mais pour être rendus dignes de la vie éternelle. Par l’œuvre parfaite du Christ, nous recevons la rémission complète et gratuite de tous nos péchés, grâce à son sang précieux, offert en sacrifice parfait et suffisant. Mais il ne s’arrête pas là : le même Christ nous revêt de sa justice parfaite, cette obéissance totale qu’il a accomplie en notre nom. Ainsi, si la Loi condamne même les plus justes, à cause de leur imperfection, l’Évangile proclame que ceux qui croient en Jésus-Christ sont rendus dignes de la vie éternelle. En lui, non par nous-mêmes, nous sommes déclarés justes, et c’est en lui que nous trouvons la promesse inébranlable de la gloire à venir.

Le don du Saint-Esprit et de la foi dans l’application de l’Évangile

Et parce que nous n’avons point été lavés pour retourner à nos souillures, ni délivrés de la malédiction du péché pour y replonger, le même Sauveur, par la puissance de son Esprit Saint, poursuit en nous une œuvre sanctifiante. Par cette vertu divine, il détruit peu à peu cette corruption qui demeure en nous, illuminant notre entendement, perçant nos oreilles pour entendre sa voix, et ouvrant les yeux de notre esprit afin de recevoir sa lumière. De là, il agit jusqu’au fond de notre volonté, renouvelant nos affections corrompues, et formant en nous ce vouloir et ce faire qui produisent des fruits de justice et d’intégrité, selon la mesure de sa grâce. Dans ce combat contre les restes de notre ancienne nature, si totalement perverse et vicieuse, la Loi, qui autrefois condamnait, devient alors pour nous une douce et agréable voie, guidant nos pas vers la vie éternelle. Mais ce n’est pas en raison d’aucune dignité ou justice qui soit en nous ; c’est uniquement parce qu’il plaît à Dieu, dans sa grâce infinie, de couronner, par un salaire non mérité, les œuvres imparfaites que son Esprit Saint produit en ses enfants.

Ces vérités ont été représentées aux Pères sous la forme des ombres et des cérémonies de la Loi, qui annonçaient de loin les réalités futures. Aujourd’hui, après leur accomplissement parfait en Jésus-Christ manifesté en chair, ces mêmes vérités nous sont données, non plus sous des figures passagères, mais dans les sacrements de l’Église chrétienne, qui ont succédé aux anciennes cérémonies. Par eux, le Seigneur nous offre non seulement un gage visible, mais aussi une réalité spirituelle pleinement scellée en nos âmes.

Cependant, ces immenses bénédictions nous seraient inutiles, voire fatales, si le moyen de les recevoir ne nous était enseigné. Et même ce moyen, s’il reposait uniquement sur nous, nous resterait inaccessible. C’est pourquoi le Père, dans sa bénignité infinie, et le Fils, dans sa miséricorde inexprimable, accompagnent la proclamation de cette bonne nouvelle de la puissance de l’Esprit Saint. Celui-ci nous assure que cette grâce, annoncée par la prédication de la Parole et scellée par les saints sacrements, nous est véritablement offerte. Par eux, Dieu témoigne à chacun, avec la même certitude que nous entendons sa voix ou que nous recevons les signes visibles, qu’il accomplit pour nous tout ce qu’il promet.

Le don suprême, en un mot, c’est Jésus-Christ lui-même. En lui nous trouvons tout ce qu’il a fait pour nous, ainsi que tout ce qui est en lui pour nous conduire à la vie et à la gloire éternelles. Ce don nous est communiqué par la foi, ce lien divinement institué, par lequel Christ se donne à nous et nous unit à lui. Cette union est si intime et si solide qu’elle dépasse même le lien des membres avec la tête dans un corps naturel. Comme le sentiment et le mouvement descendent de la tête à tous les membres, ainsi dans ce corps spirituel et mystique, tous les bienfaits de Christ, toute la vie spirituelle qu’il possède, se répandent sur ses membres. Par cette union, nous sommes rendus participants de sa vie parfaite et de son immortalité glorieuse, que nous possédons déjà en espérance, cette espérance qui ne trompe jamais.

Cette union profonde, ce mystère que la foi doit révérer avec humilité plutôt que sonder par une vaine curiosité, nous est scellée et confirmée par deux gages précieux : le Saint Baptême et la Sainte Cène. Ces sacrements, institués par notre Seigneur, sont les signes visibles et les assurances certaines de cette communion vivante et éternelle avec lui.

C’est pourquoi la Bible est si précieuse

Or, toutes ces choses si excellentes, si sublimes, si nécessaires à notre salut, nous étant révélées et représentées dans ce saint Livre qu’est la Bible, qui ne voit avec quelle ferveur il doit être recherché, reçu, embrassé et précieusement gardé dans nos cœurs ? N’est-ce pas là le chemin de la vie, le trésor céleste qui contient tout ce que Dieu a voulu nous révéler pour nous conduire à lui ? Que chacun, en suivant l’exemple de la bienheureuse Vierge, qui gardait fidèlement les paroles de son Fils en son cœur, accueille cette Parole avec une soumission aimante. Que cette Parole habite richement en nous, selon l’exhortation de l’Apôtre, afin qu’elle nous éclaire et nous dirige.

Car la Bible est le chemin sûr, tracé par Dieu lui-même, pour guider nos pas vers la vie éternelle. Elle est la règle parfaite, qui nous enseigne le culte pur et agréable à notre Créateur. Elle est la lumière divine, dissipant les ténèbres épaisses de ce monde déchu, et nous montrant le sentier de la justice. Elle est l’école de la vraie sagesse, dont même les anges admirent les profondeurs. Elle est le miroir, dans lequel nous contemplons, avec foi et humilité, la gloire de Dieu, pour être transformés à son image, de gloire en gloire.

La Bible est encore le sceptre royal, par lequel notre Roi éternel gouverne son peuple avec justice et miséricorde. Elle est la houlette du bon Pasteur, qui a donné sa vie pour ses brebis, et qui, par sa Parole, les nourrit et les conduit. Elle est l’instrument de son Alliance, le contrat sacré par lequel il s’engage à être notre Dieu, et nous à être son peuple. Elle est le témoignage immuable de sa bienveillance infinie, seule capable de donner le repos à nos consciences troublées.

Enfin, elle est la marque ineffaçable que Dieu grave dans le cœur de ses élus par une foi vive et sincère. Cette marque divine met une distinction éternelle entre les enfants de Dieu et les enfants de ce siècle, entre les vrais disciples de Christ et ceux qui ne portent que son nom, entre les sauvés et les perdus. Heureux celui qui médite jour et nuit cette Parole sainte, qui y trouve sa nourriture spirituelle, et qui s’y attache comme à une ancre solide au milieu des tempêtes de ce monde ! Car cette Parole ne passe point, et celui qui s’y confie ne sera jamais confus.

Interdire la traduction de la Bible est contraire à la volonté de Dieu

Bien que tout ce qui précède soit indubitablement vrai, il est néanmoins affligeant de constater qu’en tout temps, il s’est trouvé des hommes qui, au lieu d’être édifiés par les Écritures, les manient à leur confusion, et parfois même à la ruine d’autrui. Certains, dans une orgueilleuse et profane présomption, forgent des opinions selon leur fantaisie, abandonnant le vrai sens de la Parole et sa conformité aux articles de la foi chrétienne. D’autres se laissent séduire par des docteurs trompeurs, tandis que d’autres encore, pauvres brebis sans berger, errent faute d’un guide pour les enseigner. En conséquence, certains imaginent que le meilleur remède à ces maux serait d’interdire la traduction de la Sainte Bible dans les langues compréhensibles par le commun des hommes. Mais une telle idée, loin d’être soutenue par la Parole de Dieu, la raison ou l’histoire de l’Église, est au contraire combattue par toutes ces sources.

Considérons d’abord la Parole de Dieu. Lorsque le Seigneur ordonna à Moïse de mettre par écrit la doctrine et les récits nécessaires à l’instruction de son Église, il ne le fit pas dans une langue obscure ou élitiste, mais dans celle du peuple, afin que tous puissent comprendre. Cette Loi, confiée à l’Arche de l’Alliance, devait être connue de chacun. Le Seigneur commanda qu’on l’eût toujours devant les yeux, qu’on en fît l’objet de conversations dans les maisons et sur les chemins, et que les parents l’enseignassent à leurs enfants. De plus, chaque septième année, lors de l’assemblée solennelle, la Loi devait être lue publiquement devant hommes, femmes et enfants, comme cela fut pratiqué sous Néhémie, où, durant tout un mois, les Lévites l’exposèrent avec dévotion. Si les Israélites avaient fidèlement suivi cette ordonnance, ils auraient été préservés de l’ignorance qui conduisit à tant de corruptions dans la religion, la famille et l’État, forçant Dieu à livrer son sanctuaire aux flammes et à ses ennemis.

Même après l’exil et la corruption progressive de la langue hébraïque, Moïse et les Prophètes étaient lus et expliqués chaque sabbat dans les synagogues, comme en témoignent les Évangiles et les Actes des Apôtres. Avec l’établissement des assemblées chrétiennes, cette pratique s’accentua encore. Loin d’user de langues étrangères dans le service divin, l’Apôtre Paul interdit même l’usage des langues miraculeuses sans interprète, car, disait-il, comment celui qui n’entend pas la langue pourrait-il dire « Amen » avec intelligence et foi ? Tout cela montre que la lecture des Écritures dans la langue du peuple est non seulement permise, mais ordonnée par Dieu.

Considérons aussi la raison. Comment hommes et femmes, jeunes et vieux, pourraient-ils méditer la Parole jour et nuit s’ils n’y ont pas accès dans une langue qu’ils comprennent ? Comment pourraient-ils recevoir l’enseignement du Seigneur, être repris de leurs péchés et consolés dans leurs afflictions ? Même si les pasteurs faisaient preuve d’une fidélité irréprochable, comment le peuple discernerait-il le véritable berger du séducteur ? La lecture personnelle des Écritures est essentielle à la vie chrétienne, aussi nécessaire que l’air que nous respirons ou le pain qui nourrit notre corps.

Enfin, l’histoire de l’Église abonde en exemples qui condamnent ce raisonnement. L’interdiction de la lecture des Écritures par le peuple n’a-t-elle pas toujours produit ignorance et corruption ? Le Saint-Esprit aurait-il, depuis quelques siècles, révélé un meilleur conseil que celui que Dieu donna à son peuple, et que l’Église chrétienne primitive, durant tant de siècles, observa avec diligence ? Non, mille fois non ! Il est de notre devoir, aujourd’hui encore, de mettre les Écritures à la portée de tous, afin que la lumière de la vérité brille dans chaque cœur et que l’Église tout entière soit édifiée dans la foi.

L’histoire montre que la Bible a été traduite maintes fois

Ce qui a poussé les nations, dès les temps anciens, à traduire les Saintes Écritures dans leurs langues respectives, c’est le désir que chacun puisse connaître les vérités divines et les enseignements de la foi dont il fait profession. Les Grecs, animés par ce saint zèle, ont traduit plusieurs fois la Bible hébraïque en grec, les Syriens en syriaque, les Arabes en arabe, et les Éthiopiens en langue éthiopienne. Ces versions, dont certaines nous sont parvenues jusqu’à ce jour, témoignent de cette intention pieuse. En Occident, les nations d’Europe et d’Afrique ont pareillement traduit la Bible dans la langue latine, qui était alors comprise par le peuple, afin que, comme le dit l’Apôtre, Dieu soit servi avec une dévotion éclairée par l’intelligence.

Il en a toujours été ainsi dans l’Église grecque, qui, tant que sa langue demeura pure et non corrompue comme elle l’est aujourd’hui, enseigna exclusivement dans sa langue maternelle, que ce soit de vive voix ou par écrit. De même, les Églises du Levant et d’Éthiopie, dans ce qu’il en reste, observent encore cette pratique. Saint Chrysostome, ce flambeau de l’Église primitive, exhortait ardemment les hommes, les femmes et même les enfants, jusqu’aux pauvres artisans, paysans et laboureurs, à lire et méditer les Écritures. À Rome, tant que la langue latine resta la langue du peuple, le service de Dieu était intelligible à tous, petits et grands.

Saint Jérôme, ce docteur incomparable, écrivait aussi bien aux saintes femmes de son temps qu’aux hommes, les encourageant à s’imprégner de la Parole de Dieu. Non content de cela, il se donna la peine de traduire la Bible pour ses compatriotes dalmates, afin que tous, sans distinction, puissent accéder à cette source de vie. L’empereur Justinien alla même jusqu’à décréter que les Juifs de son empire devaient avoir le Vieux Testament dans la langue du pays où ils habitaient, démontrant ainsi son souci que la vérité de Dieu soit connue partout.

Charlemagne, ce grand défenseur de la foi, ordonna dans ses capitulaires que le service divin soit célébré dans la langue vulgaire, compréhensible par tous. De même, Charles V, roi de France surnommé le Sage, fit traduire la Bible en français, une version qui fut publiée par la suite et dont on trouve encore des vestiges dans des missels, bréviaires et psautiers rédigés en vieux français. Plus tard, Charles VIII, poursuivant cette œuvre pieuse, fit traduire le Nouveau Testament dans notre langue maternelle, afin que le peuple puisse en tirer instruction et consolation.

Cependant, ces travaux furent réalisés selon les moyens et les connaissances de leur époque. À ce moment-là, le Seigneur n’avait pas encore, dans sa providence, ramené au monde la pleine connaissance des langues originales des Écritures, ni accordé l’essor des bonnes lettres, qui devaient polir ces écrits et approfondir leur compréhension. C’est dans cette lumière nouvelle, donnée à l’humanité par la Réforme, que les Écritures, restaurées dans leur pureté originale, furent offertes à toutes les nations, traduites avec soin dans les langues modernes, pour l’édification de l’Église universelle.

Une nouvelle traduction française de la Bible depuis 1535

C’est pourquoi, dès l’année 1535, quelques serviteurs éminents de Dieu, versés dans les disciplines nécessaires à une entreprise si sacrée, se consacrèrent avec ardeur à une nouvelle traduction de l’Écriture Sainte, directement à partir des textes originaux en hébreu et en grec. Leur labeur, empreint d’une fidélité et d’une habileté admirables, porta des fruits abondants pour l’Église, et leur mémoire doit demeurer précieuse et honorée par la postérité. Cependant, bien qu’ils aient accompli une œuvre remarquable, il ne leur fut pas donné d’atteindre la perfection. Depuis lors, le Seigneur, dans sa grâce, a grandement accru la connaissance des langues hébraïque et grecque, permettant non seulement une meilleure compréhension des textes sacrés, mais aussi une analyse approfondie des commentaires des docteurs juifs, ainsi que des Pères latins et grecs.

De plus, de nombreux écrivains savants ont été suscités par Dieu à travers toute l’Europe — en Espagne, en Italie, en Allemagne, en France — qui ont travaillé avec zèle sur ces mêmes textes, enrichissant le trésor de l’Église par leurs commentaires, par de nouvelles impressions fondées sur d’anciens manuscrits hébreux, grecs et latins, et même par des traductions en latin ou dans les langues vulgaires. Ce vaste héritage nous a obligés, et en même temps nous a donné les moyens, de revisiter cette première traduction française, afin de la confronter aux textes originaux et de la corriger là où cela était nécessaire, d’en éclaircir les passages obscurs, et d’en polir le style, selon la mesure des dons que Dieu a bien voulu accorder à ceux qui se sont attachés fidèlement à cette tâche.

Nous n’avons pas entrepris cette œuvre, comme certains censeurs l’ont affirmé, dans le dessein d’introduire une diversité confuse de traductions dans l’Église française. Nous ne faisons qu’imiter l’exemple de l’Église grecque du temps d’Origène, qui possédait jusqu’à huit versions des Écritures, ou celui de saint Jérôme, qui a revu et amendé l’ancienne version latine en de nombreux passages. Bien au contraire, notre but est de contribuer, chacun selon la part que Dieu lui a donnée, à la construction de ce Tabernacle spirituel, afin que l’Église puisse posséder, sinon une traduction parfaite — ce qui est plus à souhaiter qu’à espérer — du moins une version si pure et si fidèle que ceux qui ne peuvent lire les textes originaux puissent entendre Dieu parler comme s’ils écoutaient sa propre voix, et y trouver un fondement sûr pour leur foi.

Cependant, malgré tous les soins apportés aux différentes éditions de la Bible française, il n’a pas été possible de satisfaire pleinement à toutes les attentes. Ainsi, plusieurs pasteurs des Églises réformées de langue française ont requis de notre Compagnie un nouvel effort, marqué par la plus grande fidélité et diligence. Bien que conscients de notre incapacité à répondre parfaitement à une telle demande, nous avons accepté cette charge, considérant qu’elle nous était imposée par une vocation sainte et légitime. Nous n’avons jamais prétendu atteindre le but avec une pleine perfection, mais nous avons travaillé avec tout le soin et toute la diligence possibles, dans l’espoir de satisfaire ceux qui attendaient ce service de notre part.

Nous confessons cependant, en toute simplicité, que cet ouvrage dépasse en tout point nos capacités, et nous sollicitons humblement la bienveillance de ceux pour qui il a été accompli. Nous supplions également, dans un esprit de fraternité chrétienne, tous ceux qui, bien que ne partageant pas pleinement notre foi, pourraient remarquer quelque imperfection, soit dans la traduction des langues, soit dans l’interprétation des Prophètes et des Apôtres, de bien vouloir nous en avertir avec charité. Car, de notre côté, nous n’avons pas d’autre désir que de progresser toujours davantage, en communion avec tous les enfants de Dieu.

Présentation de quelques spécificités de la présente édition

C’est dans cet esprit que, après avoir invoqué le Nom de Dieu et avec une intégrité et une simplicité de cœur dont le Seigneur est témoin, nous avons entrepris de confronter l’ancienne traduction française de la Sainte Bible aux principales éditions des textes hébreux, grecs et latins. Nous avons également consulté les diverses interprétations latines, tant des livres canoniques que des apocryphes, que nous avons pu obtenir. Ces interprétations, marquées par un grand savoir, une piété singulière et une fidélité exemplaire, nous ont été d’un grand secours. Cependant, nous n’avons assujetti notre travail à aucune d’elles, usant d’une liberté sanctifiée, selon la mesure de l’Esprit de discrétion que Dieu a bien voulu nous accorder.

En ce qui concerne les hébraïsmes, nous avons retenu mot à mot ceux qui possèdent une force particulière et qui, sans troubler la clarté de notre langue, enrichissent le texte. Quant aux autres, nous les avons adoucis, soit en ajoutant des mots, imprimés dans une autre typographie pour les distinguer, soit en modifiant la tournure afin qu’elle corresponde davantage à notre langue, sans pour autant altérer le sens. Nous avons veillé à rester fidèles autant que possible, traduisant les mêmes mots hébreux ou grecs de manière uniforme dans tout le texte.

Pour les arguments des livres et les sommaires des chapitres, nous avons recherché une concision et une clarté qui permettent au lecteur de saisir à la fois l’essence des récits historiques et la doctrine qu’ils renferment. Dans la marge, outre les variantes significatives du texte et les références croisées, nous avons inclus des explications succinctes des hébraïsmes présents dans le texte, ainsi que des éclaircissements sur ceux qui ont été traduits. Cette méthode s’étend également aux termes grecs du Nouveau Testament et des livres apocryphes, dans le but de ne pas laisser le lecteur sans assistance.

Quant aux annotations explicatives, bien que nous aurions préféré les omettre, connaissant les critiques qu’elles ont suscitées dans le passé, nous avons cédé aux demandes pressantes de nombreux croyants. Ces derniers faisaient valoir que tous n’ont pas la capacité de consulter les commentaires théologiques dans leur intégralité, ni le discernement nécessaire pour en extraire l’essentiel. Par conséquent, nous avons inclus ces explications avec la plus grande prudence, priant les lecteurs de comprendre notre intention. Nous n’avons nullement cherché à rivaliser avec ceux qui ont écrit ou écriront sur les Écritures, à condition que leurs interprétations soient conformes aux articles de notre foi et respectent la fidélité des mots inspirés.

Saint Augustin a justement observé que l’une des merveilles des Écritures est leur abondance de sens : un même passage peut recevoir plusieurs interprétations, toutes vraies et conformes au texte. Loin d’affaiblir l’autorité de la Parole divine, cette richesse montre la profondeur infinie de la vérité qu’elle contient. Ainsi, nous avons tâché de choisir, parmi les interprétations, celles qui nous semblaient les plus appropriées, éclairant les passages obscurs, expliquant certains termes, et harmonisant les textes qui pourraient paraître discordants.

En tout cela, nous avons cherché à maintenir la révérence due à cette Parole divine et à demeurer conscients de la responsabilité redoutable de ceux qui la manipulent. Notre prière constante a été que Dieu nous garde de toute erreur et nous préserve de sa juste vengeance. Enfin, selon les désirs exprimés par plusieurs, nous avons ajouté à la fin de cet ouvrage des index usuels, bien que nous reconnaissions que l’Écriture Sainte, semblable à une mer infinie, dépasse toute tentative d’épuiser ses richesses doctrinales ou historiques.

Quant à l’orthographe, nous avons suivi celle généralement acceptée, tout en simplifiant certaines lettres manifestement superflues. Que tout ce travail, si humble soit-il, serve à édifier le peuple de Dieu et à glorifier son Nom. Nous prions qu’il soit reçu avec la même charité qui a présidé à son élaboration.

Quant aux mots et aux noms hébreux, nous avons veillé à conserver l’écriture et la prononciation auxquelles l’usage a accoutumé le peuple de Dieu, particulièrement dans les cas où un changement aurait pu paraître étrange ou troublant. Pour les autres, nous avons cherché à refléter fidèlement la force des lettres hébraïques, sans jamais compromettre la clarté ni la compréhension du texte.

C’est ainsi que nous avons entrepris cet ouvrage, posant ces principes comme fondement, et poursuivant, par la grâce de Dieu, jusqu’à en produire ce que nous présentons aujourd’hui à l’Église de notre Seigneur Jésus-Christ. Le temps consacré à cette œuvre paraîtra peut-être excessif à certains, qui mesurent les efforts à l’aune de l’impatience humaine. Mais si d’autres considèrent les difficultés multiples et la profondeur des vérités à transmettre, ils jugeront peut-être que ce temps, si long fût-il, reste inférieur à ce qu’exigeait l’ampleur de la tâche.

Quoi qu’il en soit, nous remettons humblement ce travail entre les mains de Celui qui sonde les cœurs et qui seul peut bénir nos faibles efforts. Nous prions qu’il serve à l’édification de son peuple, qu’il éclaire les âmes dans les ténèbres, et qu’il glorifie le Nom de Celui qui est la Parole vivante, Jésus-Christ notre Seigneur.

Exhortation à lire la Bible

Au reste, très chers Frères, en quelque lieu, pays, royaume ou nation que vous vous trouviez unis, ou même dispersés par la malice des temps, souvenez-vous que c’est à vous principalement que nous avons désiré rendre service. En proposant dans notre langue maternelle ce grand et indicible trésor, nous avons tâché, selon la mesure de notre faiblesse, de mettre à votre disposition cette perle d’un prix infini : la connaissance, la crainte et l’amour de Dieu et de notre Seigneur Jésus-Christ. Ici, dans ce sanctuaire qu’est la Sainte Écriture, cette perle précieuse vous est offerte, tandis qu’ailleurs il n’y a que des citernes crevassées et des eaux troubles, issues des inventions humaines. Ces dernières ne produisent ni piété véritable ni foi vivante, mais seulement une religiosité superstitieuse, faite d’opinions vaines et d’apparences trompeuses.

C’est pourquoi, chers Frères, gardez cette maxime invincible : Dieu, dans sa sagesse parfaite, a pleinement pourvu à notre salut. Tout ce qui est contenu dans cette sainte Parole doit être reçu et cru avec une foi inébranlable, tandis que tout ce qui ne s’y trouve pas, tout ce qui n’y est ni écrit ni fondé, doit être rejeté comme étranger à la vérité. Comme le disait saint Ambroise : « Rien ne manque à celui qui possède les Écritures du Vieux et du Nouveau Testament. »

Alors que les aveugles s’égarent dans les doctrines vaines et trompeuses de leurs semblables, nous, que le grand Soleil de justice, notre Seigneur Jésus-Christ, a éclairés de sa lumière céleste, accueillons cette lumière divine qui brille dans sa Parole écrite. Méditons-la jour et nuit, exerçons-nous sans relâche à la sonder, afin que nous trouvions en elle notre bonheur éternel. Car ici se trouve véritablement la félicité, ici est le Temple où Dieu demeure, ici est le Tabernacle où il se révèle, ici est l’Arche de l’alliance. Ici est tout, car ici est Dieu.

Puissions-nous, par sa grâce, être gardés fidèles à cette Parole et être illuminés par elle, jusqu’au jour où nous verrons face à face Celui qui l’a donnée, et où nous partagerons avec tous ses saints la gloire de son règne éternel.

La grâce, la miséricorde, et la paix du Seigneur soit avec vous tous. AMEN.